Notre lettre 1362 publiée le 24 avril 2026
MGR. DOGNIN,
L'ORDINAIRE EMPÊCHÉ
La lettre n°1359, du 17/4/26, est l’occasion pour Paix Liturgique d’aborder l’accueil fait par Mgr Dognin, l’évêque de Quimper et Léon, à un prêtre expérimenté, finistérien d’origine mais venu d’ailleurs, l’abbé David Adalgur. De ce renfort, on présumerait l’Ordinaire enthousiaste, comme doit l’être un « successeur et délégué du Christ » (LG n°27) lorsqu’un nouvel ouvrier est disponible pour la moisson, et comme il le fut lui-même vis à vis de la FSSP lorsque deux prêtres de cette Fraternité lui furent présentés, et derechef agréés, en 2017.
Ordonné par la FSSPX et ayant exercé durablement son sacerdoce au service des oeuvres de la FSSPX, l’abbé Adalgur a, nous l’apprenons par PL, quitté la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre. Nous ne connaissons pas les attendus de cette séparation. Que l’abbé Adalgur, finistérien de coeur et d’origine, fusse formé par la FSSPX et non par le diocèse, celui-ci s’en explique. S’il n’eût tenu qu’à lui, c’est en Finistère que sa formation presbytérale se serait déroulée, pourvu qu’elle soit catholique. Mais pour préserver la foi reçue des apôtres à travers ses parents, c’est à Econe qu’il s’est résolu à s’adresser. On lui fit, quoique breton bretonnant, le meilleur accueil.
De retour en Finistère, de nombreux fidèles lui trouvèrent un lieu d’exercice, dans les locaux d’une école, au sein de la commune de Brasparts, soit à la latitude de Carhaix et de Crozon. Deux messes par dimanche, bien achalandées. Quelle émotion pour un Pasteur digne de ce nom, de voir ainsi pâlit un troupeau déjà constitué, dans les arides monts d’Arrée, par un prêtre catholique de plus ! L’église de Brasparts, quasi-déserte, n’avait pas été prise d’assaut, notons le, pour ne pas incommoder Sa Grandeur, chatouilleuse. Et prise en flagrant délit d’exclusion…..
En effet, loin d’accueillir à bras ouverts le fils prodigue, Mgr Dognin produisit le 26 mars dernier un communiqué qui mérite d’être médité :
« Monsieur l’abbé David ADALGUR, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX), s’est récemment installé sur la commune de Brasparts, sans mandat ni mission officielle. Cette fraternité n’étant pas en pleine communion avec l’Église Catholique romaine, son ministère ne bénéficie d’aucune reconnaissance canonique dans le diocèse.
Il est rappelé que, conformément à la loi de 1905, les églises et les chapelles communales, ainsi que leurs dépendances, sont exclusivement affectées au culte catholique célébré en communion avec le Saint-Siège, et sous l’autorité de l’Evêque diocésain. A ce titre, Monsieur l’abbé David ADALGUR n’est pas autorisé à y célébrer.
Quimper, le 26 mars 2026
Laurent Dognin
Évêque de Quimper et Léon
On ne saurait exclure la désinformation subie par Mgr Dognin, de la part de ses services,. Voire d’un presbyterium indigné par cette violation d’un territoire de la République privatisé par le diocèse, où la liberté d’installation bourgeoise est, de façon discriminatoire, récusée à quelque citoyen français non trié sur le volet. Depuis le retrait de sa propre parole à l’automne 2023, parole renouvelant quelques mois plus tôt la mission des prêtres de la FSSP accueillis six ans plus tôt, on sait le drame de l’Ordinaire de Quimper et Léon : il a la trouille de déplaire à son clergé le plus ambitieux.
On sait aussi que c’est à contre-coeur que les deux prêtres mis à disposition du diocèse par la FSSP étaient écartés par l’Ordinaire, et que ce dernier, qui déclarait les apprécier vivement, les aurait volontiers incardinés en les soustrayant à la FSSP. Cette incitation à la débauche, dénoncée par PL en son temps, aurait eu pour effet immédiat et pervers de placer ces « intrus » désormais diocésains sous la tutelle d’un clergé local qui les détestait. Les abbés rejetés/convoités ne sont pas tombés dans ce panneau. La tutelle morale d’un tel clergé local, n’ayant pour seule axiologie que le dépérissement de ce que fut la Chrétienté bretonne, l’une des plus vivaces de France, est celle que Mgr Dognin subit lui-même au quotidien pour sa courte honte.
Devant un clergé traditionnel suffisamment en communion pour qu’après six ans de fécondité locale l’évêque local les maintienne sur place, puis, sous un prétexte arbitraire, les reconduise à la frontière de son terroir, on peut à bon droit supposer que la volte-face de l’évêque, douloureuse de son propre aveu, mérite, à défaut d’un aveu du magistrat en peau d’hermine, de conjecturer quelque dilemme. En langage simplifié, disons que pour mettre dehors deux bons prêtres selon son coeur, il faut, pour rendre raison de cette gouvernance contre-intuitive, soit dévoiler le sabordage, soit concéder qu’il n’est plus le patron. Nous venons d’étayer ce dernier point.
Cet abbé ADALGUR, tombé du ciel, n’appartient plus à la FSSPX. Répétons-le : nous ne savons pas les raisons de cette rupture. Mais l’abbé est fragilisé au quotidien sur le plan des rapports de force. Mgr Dognin pourrait en savoir plus, en invitant ce nouveau venu à l’Evêché, d’une part, et en communiquant avec la FSSPX d’autre part. Sachant que le Saint-Siège valide les confessions des prêtres de la FSSPX, et demande aux Ordinaires de tenir le registre de leurs mariages, il est insensé de les tenir pour des faux frères. Et l’opprobre ne retombe que sur les hommes d’appareil, qui jouissent du pouvoir, sans avoir la puissance de rien construire de fructueux. Vis à vis de ceux qui s’éloignent de la FSSPX, pourquoi sortir l’artillerie juridique sans avoir préalablement activé la paternité épiscopale ?
Mgr Dognin savait-il, le 26 mars dernier, que l’abbé ne faisait plus partie de la FSSPX ? La chose est douteuse, puisque très facilement vérifiable. Ce n’est pas dans un prieuré ni une école de la FSSPX que l’abbé Adalgur célèbre la messe, mais à Brasparts, soit à six kilomètres du site actif de la FSSPX, à Lannedern. L’Ordinaire préfère donc mentir à ses diocésains, plutôt qu’à instruire charitablement les dispositions nouvelles de celui qu’il traite comme un intrus. A vrai dire, Mgr Dognin n’a probablement pas eu le loisir de faire l’évêque, sinon pour la galerie, laquelle n’est pas censée savoir que l’Evêque de Quimper en titre n’est plus qu’un signataire docile des ukases de son presbyterium le plus haineux.
Once FSSPX, always FSSPX ? Séparé administrativement ou théologiquement de la matrice qui l’a formé & missionné, l’abbé Adalgur se voit traité comme un incurable. Même pas un samaritain douteux, un philistin. Pire, un pestiféré. C’est peu dire qu’il est exclut du « todos, todos, todos » bergoglien. Si nous avions un conseil à donner à l’abbé, ce serait de repérer quel est le mâle dominant parmi les Iznogouds qui mènent la danse dans le diocèse de Quimper, et de médiatiser l’ostracisme qui le frappe. Ses attaches bretonnes devraient être un atout, et la haine qu’il suscite un puissant levier victimal à ne pas négliger.




