Notre lettre 1343 publiée le 16 mars 2026

À LYON PÈLERINAGE DE NUIT VERS FOURVIÈRE

POUR LA FRANCE ET L'ÉGLISE...

MAIS PAS DE MESSE TRADITIONNELLE

À NOTRE-DAME DE FOURVIÈRE


Dans la foulée des pèlerinages régionaux de Tradition qui ont essaimé, à la suite de Feiz e Breiz en Bretagne, en Normandie (Dex Aïe), Béarn (Arrebastir), Savoie (ND des Cimes, en Provence (Nosto Fe), les pèlerinages de nuit se multiplient eux aussi, sortent de la confidentialité et attirent de plus en plus de pèlerins.

On parle même de pèlerinages nocturnes nouveaux cette année, comme il y aura aussi de nouveaux pèlerinages locaux de Tradition, notamment dans les Alpes, le Poitou et la Vendée. Un pèlerinage de nuit pour la France organisé par l'abbaye de Lagrasse dans la nuit du 21 au 22 février dernier – il existerait depuis 2023, un autre près de Nantes entre la Chapelle Basse-Mer (Bretagne) et Villedieu sur Blouère (Anjou), un autre au sud-ouest de Tours de Lignières à Candes-Saint-Martin, aux confins de l'Anjou – ces deux-là tombent aux mêmes dates, du 20 au 21 mars et leur aumônerie est assurée par la FSSP, et à l'automne depuis deux ans, des pèlerins marchent une nuit mi-novembre entre Lille et Douai (40 km) avec les prêtres de l'ICRSP. Tous les deux ans, il existe mi-décembre un pèlerinage Feiz e Breizh Noz (la nuit en Breton) pour demander des vocations, la première édition avait été organisée en 2022.


Pèlerinage traditionnel vers la Basilique de Fourvière

Depuis 8 ans, il existe un pèlerinage nocturne pour la France et l'Église, organisé à Lyon, à l'origine par la paroisse lyonnaise de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, Saint-Just, pas très loin de la gare du funiculaire du même nom, sur les bords de « la colline qui prie », la colline de Fourvière – « la colline qui travaille » étant celle de la Croix-Rousse.

Cette année, les pèlerins partaient à 20h15 de Saint-Symphorien sur Coise, 600 mètres d'altitude aux confins du Rhône et de la Loire, le 6 mars, pour, dix heures et 42 km de marche plus tard, arriver sur les coups de 7h30 devant Notre-Dame de Fourvière, et avoir encore la force de chanter à l'unisson le « Je vous salue Marie » dans l'historique chapelle Saint-Thomas, sur la droite du sanctuaire, celle du vœu des Échevins.

« Nous nous sommes emplis de la lumière de Dieu toute la nuit », a dit l'aumônier du pèlerinage aux pèlerins présents, avant de les envoyer un peu plus bas entendre la messe à Saint-Just. Scouts en uniforme, jeunes pères de familles, mais aussi jeunes tout court notamment de jeunes filles.

« Nous étions une cinquantaine quand ça a commencé, plutôt essentiellement de Saint-Just, et maintenant nous sommes 160, de Saint-Just, Saint-Georges mais aussi des autres paroisses de Lyon », constate un participant. « Il y a aussi des jeunes de paroisses diocésaines, et même des jeunes qui ne sont pas ou plus catholiques. Il y a eu des conversions dans ce pèlerinage, ou des gens qui sont revenus à la foi ».

Un des participants le fait pour la cinquième fois. « D'abord comme scout, et maintenant je continue. L'experience spirituelle est revigorante, on chante pendant la marche, on est sur des petits chemins. Certes, 42 km c'est presque le maximum de ce qu'on peut faire en une nuit, on est passablement à bout quand on arrive. Mais c'est un acte de foi viril et nécessaire ». Des jeunes en survêtement le font pour la première année. « On connaissait des jeunes qui le faisaient et on a voulu essayer. C'est à refaire, on reviendra. Mais là après la messe on va bien dormir ».

Une petite équipe descend, tous les ans, de Saint-Étienne où la FSSP a aussi une chapelle. Certes, le drapeau du Forez, dans Fourvière à peine éveillée, fait bien moins réagir qu'une bannière de l'ASSE, le club de football de Saint Étienne le jour du derby (la rencontre avec le club de Lyon). Mais c’est une foule qui s’avance : « On le fait tous les ans et chaque année il y a un peu plus de monde. A croire que le bon exemple attire ». Un autre jeune, venu de l'Isère, « on dit souvent de notre génération qu'elle n'a plus le goût de l'effort, que tout se perd. C'est faux, la preuve ».



Mais pas de messe traditionnelle à Fourvière

Notez bien que la messe conclusive du pèlerinage pour la France et l'Église est célébré à Saint-Just et non pas à Fourvière.

Mgr de Germay, arrivé sur le siège de Lyon après la déflagration de l'affaire Barbarin, est passionné de pastorale du management (Talenthéo, Alpha) et New Age, sous l'influence de l'Emmanuel et surtout des Béatitudes (communauté dans laquelle, avant même l'enquête canonique du Tribunal Pénal Canonique National, plus de 20 prêtres, diacres et frères avaient été renvoyés de l'état clérical pour diverses raisons).

Dans la crypte de Fourvière sont ainsi organisées des formations « à la prière de guérison et à la vie charismatique ». Le 20 mai 2023, une de ses sessions était menée par Daniel-Marie, franciscain de Bruxelles.

Mais ce P. Thévenet est un personnage sulfureux. Deux ans plus tard, à la fin de l’année 2025, ce père Daniel-Marie Thévenet, à l'issue d'une enquête canonique préliminaire, sera renvoyé pour un procès canonique au Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Comme le relève la lyonnaise Natalia Trouiller sur X, spécialiste de l'accompagnement des victimes et de la lutte contre les abus sexuels ou spirituels, « cela signifie que nous sommes dans le domaine des cas réservés au DDF, les fameux délits les plus graves [delicta graviora]. En gros abus sur mineurs ou atteintes aux sacrements ». La presse belge indique qu'avec un autre frère, Jack Mardesic, qui fait l'objet d'une sanction canonique, il a dû quitter sans délai le couvent de Bruxelles. Le père Daniel-Marie Thévenet est un habitué de pratiques telles que les « guérisons de l'arbre généalogiques » condamnées sans équivoque dans une note doctrinale de la CEF en 2007.

En revanche, Mgr de Germay refuse systématiquement la célébration de la messe traditionnelle dans la basilique de Fourvière. Ainsi, pour un pèlerinage projeté de Vienne à Lyon, Via Lucis, des paroissiens de Saint-Georges (église paroissiale lyonnaise où est également célébrée la messe traditionnelle), accompagnés de bien d'autres, venant d'une vingtaine de paroisses entre Rhône et Isère avaient demandé à Mgr Germay au printemps dernier d'accepter un pèlerinage local de tradition, avec messe en rite lyonnais à l'arrivée. Mgr Germay a refusé net et se mure dans son refus (notre lettre 1208 du 16 mai 2025). Il aurait même affirmé que n'importe lequel de ses prêtres diocésains qui y participerait serait sanctionné directement, et pour ceux d'autres diocèses, une lettre incendiaire à leur évêque ou supérieur suivrait. Or, ce refus de messe tridentine à Fourvière n’était pas le premier de sa part.

Pour les charismatiques sulfureux, oui, pour les tradis, non. C’est ce qu’on appelle le discernement épiscopal.


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