Notre lettre 834 publiée le 17 novembre 2021

LES EDITIONS VIA ROMANA AU SERVICE DE LA MESSE TRADITIONNELLE

UNE SERIE D'IDEES DE CADEAUX AU MOMENT OU APPROCHENT LES FETES DE NOEL

Il importe de reconnaître les services importants que les éditions Via Romana (https://shop.via-romana-pro.com/, dirigées par Benoît Mancheron, rendent avec intelligence et constance à la liturgie traditionnelle. Elles le font avec un courage qu’il faut saluer, car elles s’attirent souvent des critiques de tous bords, les auteurs par elles publiés étant les plus variés et leurs propos étant propres à contrarier telle ou telle part des lecteurs nombreux (leurs productions sont diffusées par Salvator) auxquels ces éditions s’adressent.


On peut ainsi citer :


Les médiations sur les dimanches et fêtes
 de l’abbé Patrick Troadec, de la fsspx



Qui remportent de manière méritée un succès constant, et qui constituent une Année liturgique, utile et riche pour la spiritualité des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle :


- De l'Épiphanie au Carême, au jour le jour

- De l'Avent à l'Épiphanie, au jour le jour

- Le Carême au jour le jour

- Le temps pascal au jour le jour

- De la Trinité à l'Assomption, au jour le jour

- De l'Assomption à l'Avent, au jour


Une étude sur la liturgie dans les catéchismes diocésains
de l’abbé Jean-Pierre Putois



Les catéchismes des diocèses de France ont formé des générations de chrétiens, et même toute une société française, si l’on songe que, jusqu’en 1965, 80% des enfants de France se préparaient, en apprenant par cœur les réponses qu’ils contenaient, à la communion solennelle à l’âge de 12 ans. Durant trois ou quatre années, à raison de plusieurs séances par semaine, ils étaient instruits de la religion par ces manuels. Ces catéchismes diocésains, véritables résumés théologiques à l’usage des enfants, contenaient aussi des indications liturgiques très pédagogiques. Elles ont été étudiées et présentées de manière exhaustive par l’Abbé Jean-Pierre Putois, dans son ouvrage : Trésor liturgique des catéchismes diocésains, publié en 2018.


Les livres de re liturgica de l’abbé Claude Barthe


Ils sont au nombre de trois sur ce thème :



- La messe une forêt de symboles, dont la dernière édition est de 2020, avec une préface du cardinal Robert Sarah, qui est une petite somme sur le sens allégorique ou mystique de toutes les cérémonies et prières de la messe romaine. L’ouvrage s’appuie sur une longue tradition d’interprétation de ce type, des Pères de l’Église au XVIIe siècle.



- L’Histoire du missel tridentin et de ses origines¸ éditée en 2016, qui traite de la période tridentine, bien plus riche en rebondissements qu’on ne le croit, et en amont de l’histoire du rite romain depuis que Rome prie en latin, c’est-à-dire depuis le IIIe siècle.



- La Messe de Vatican II. Dossier historique, ouvrage publié en 2018, qui relate la préhistoire de la réforme voulue par le dernier Concile, et cette histoire elle-même, depuis 1964. Réforme radicale, qui a suscité une réaction réformiste, dont la grande figure a été le cardinal Joseph Ratzinger/pape Benoît XVI, et une réaction de non-réception, dominée par la personnalité de Mgr Marcel Lefebvre.


Le combat de Jean Madiran pour la Messe Traditionnelle



Les deux volumes de Jean Madiran, Histoire de la messe interdite (2007 et 2009) constituent un document historique passionnant. Sa revue Itinéraires avait rempli avant, pendant et longtemps après la publication du Bref Examen critique des cardinaux Ottaviani et Bacci, un rôle déterminant dans l’opposition au Concile à la nouvelle messe, en même temps qu’elle en était la vitrine. C’est par des articles qu’ils y publiaient qu’un certain nombre de clercs et laïcs connus, l’abbé Raymond Dulac, Marcel De Corte, Louis Salleron, le P. Roger-Thomas Calmel, Luce Quenette, ont fait connaître leur refus de la messe nouvelle. Jean Madiran lui-même sonna la charge contre cette « révolution culturelle » dans son éditorial de décembre 1969 intitulé : « Un petit livre rouge » (la Constitution apostolique Missale romanum, l’Institutio generalis et l’Ordo Missæ étaient publiés sous une couverture de cette couleur). Les articles ici rassemblés nous replongent dans cette période où, selon le titre, la messe traditionnelle fut véritablement interdite. Mais elle ne mourut pas.


Samuel Martin, Esthétique de la nouvelle messe



Dans ce livret, publié en 2010 et préfacé par l’abbé Barthe, Samuel Martin déplore l’iconoclasme qui a accompagné la réforme liturgique, non seulement den direction de la décoration des églises, des images des saints, mais qui s’est manifesté dans le style même d’ouverture au monde des nouvelles célébrations, qui a été une désastreuse noyade du sacré dans le profane. L’esthétique du rite séculaire avait résisté à tous les néo-sulpicianismes du XXe siècle et à leurs œuvres « épurées ». Il n’a pas résisté à la réforme de Vatican II.


Le cardinal Raymond Burke



Dans La Sainte Eucharistie, sacrement de l'Amour divin (2016), le cardinal Raymond Burke étudie la beauté et la puissance du sacrement de l’Eucharistie à la lumière des enseignements de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Dans l’entretien qui sert de préface à l’ouvrage, il estime que le motu proprio Summorum Pontificum était conçu comme un élément important en direction de la résolution de la crise dans laquelle se débat l’Église.


Les Méditations sur la Messe,
de l’abbé Guillaume de Tarnoüarn



Ce livre, publié en 2021, rassemble des médiations théologico-spirituelles de haute volée de l’abbé Guillaume de Tanoüarn. Il y traite de la messe, ce mystère, cette réalité cachée, instituée par le Christ, initiation à l’amour par le sacrifice, qu’il faut chercher à mettre au jour. De ce sacrifice de Jésus sur la Croix, nous sommes rendus participants : nous exprimons à chaque messe le mystère de l’amour de Dieu qui nous donne l’exemple, et nous laisse, en guise de testament, le moyen de participer à son amour. Mystère de foi, l’eucharistie comme sacrifice est dans le même élan un mystère d’amour qui change nos vies.


La Messe de Paul VI en question.
Critique théologique de la messe de Paul VI,

par l’abbé Anthony Cekada



C’est le tout dernier des livres publiés par Via Romana en ce domaine, publication qui montre l’indépendance d’esprit de cet éditeur, car le défunt abbé Cekada, qui fut prêtre de la FSSPX aux États-Unis, quitta avec nombre de ses confrères cette Fraternité pour fonder une communauté devenue sédévacantiste. Son ouvrage sur la messe est considéré dans le monde anglo-saxon comme une référence dans le domaine de la critique de cette messe, bien au-delà des aires sédévacantistes. L’ouvrage est préfacé par Maxence Hecquard, connu notamment par son excellent essai sur Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (Pierre-Guillaume de Roux, 2016).

Qu’il nous soit permis de parler de cet ouvrage tout aussi librement qu’il a été édité. Ce gros livre de près de 500 pages suit, développe, amplifie, précise le contenu du Bref examen critique du Nouvel Ordo Missæ, de 1969, qui portait les signatures des cardinaux Ottaviani et Bacci, et qui avait été rédigé pour l’essentiel par le P. Guérard des Lauriers. C’était une sorte de plaidoirie, courte, selon son titre, et bien construite. Les éléments fâcheusement supprimés dans la messe y étaient si bien énumérés que toutes les critiques postérieures s’en sont aidées. On peut cependant aujourd’hui lui reprocher, dans la visée d’une persuasion efficace, d’avoir trop fortement conclu en direction de la « disparition » du sacrifice, de la révérence à la présence réelle, etc. La même critique peut être adressée au livre de l’abbé Cekada, qui énumère remarquablement les gommages et insuffisances, notamment de l’expression de la fin sacrificielle par le NOM pour arriver à des conclusions abruptes sur l’absence totale de cette expression (et même à la fin, à son invalidité, alors qu’il eût pu se contenter de conclure à sa fragilité, qu’il avait pour le coup amplement démontrée).

On peut regretter aussi les critiques drastiques contre Summorum Pontificum, qui est certes un texte de compromis, mais qui a fait gagner un terrain considérable à la messe traditionnelle, ou encore contre le processus de « réforme de la réforme », dont l’auteur ne comprend pas la visée de reconquête. Disons, sans nulle polémique, qu’il y a dans les aires « dures », les sédévacantistes, les résistants, etc., une difficulté à espérer un retour concret des choses traditionnelles sur le terrain concret des paroisses, des diocèses, retour qui passe nécessairement par des étapes intermédiaires. 

Mais cette synthèse critique reste du plus grand intérêt pour tous ceux qui veulent des arguments, précisément pour renouveler aujourd’hui une polémique conquérante.

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