Notre lettre 829bis publiée le 16 octobre 2021

NANTES ENCORE UN ECHOS DES DECISIONS DE MGR PERCEROU

« catholiques en Loire-Atlantique, nous ne comprenons absolument pas l’attitude de notre évéque »

Les vicissitudes que Mgr Percerou fait vivre à la communauté paroissiale de l’église Saint-Clément à Nantes, la suppression exécutée ou en cours de toutes les autres messes traditionnelles en Loire-Atlantique y compris l’été sur la côte ne passent absolument pas auprès des fidèles catholiques en Loire-Atlantique, même ceux qui ne vont exclusivement qu’à la messe en rite ordinaire. Recueil de réactions.


Charles, fidèle de Saint-Félix – une église familiale et bourgeoise au nord de Nantes, à 500 m du prieuré de la FSSPX, trouve l’attitude de Mgr Percerou « anti-pastorale au possible. Les fidèles de saint Clément ne font de difficultés à personne depuis des décennies, ceux des messes de l’été au Clion et à Guérande [la Madeleine, à 8 km au nord-est en Brière] non plus, on a l’impression qu’il ya une volonté de la part de notre évêque de les pousser vers la FSSPX ou l’abbé Guépin [non una cum] En gros on a un évêque qui pousse des chrétiens hors de l’Eglise. Il n’est pas censé faire exactement l’inverse ? »

Anne, la trentaine « alterne entre la Madeleine et St Clément, comme d’autres fidèles. On a eu une réunion à la Madeleine pour nous expliquer les bienfaits de Traditionis Custodes, mais on a plus de questions que de réponses. En gros, c’est quand même un texte qui est dirigé contre une partie des fidèles catholiques, même si on essaye d’endormir le bon sens des fidèles… sommes nous encore si nombreux à être catholiques qu’on peut se permettre de mettre à l’index une partie des fidèles, voire les virer ? Pour ma part, je n’ai pas du tout l’impression que les fidèles de saint Clément essaient de faire une église parallèle, ou qu’ils dévalorisent la messe ordinaire. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ».

Juliette, mère de trois enfants, commerçante, va « des fois à saint-Pasquier [une église qui dépend de la même paroisse que Saint-Félix et Saint-Similien] des fois à Saint-Clément pour la messe en latin, relativement peu, parfois à la Baule et Pornichet quand je suis en famille, principalement à la messe ordinaire donc. On est beaucoup de paroissiens à Saint-Pasquier à penser que notre évêque a mieux à faire qu’embêter les gens qui vont à la Madeleine [Guérande] l’été ou à St Clément. Il y a d’autres urgences, et puis il y a des arrière-pensées qui ne me plaisent pas trop. Certains semblent avoir le secret espoir qu’ils vont aller à la messe ordinaire et que les quêtes seront tout aussi généreuses. C’est oublier que des gens contraints et forcés d’aller à une messe plutôt qu’une autre ne sont pas heureux, et que certains vont préférer aller à la FSSPX qui est à Pornichet ou assister à la messe dans un champ plutôt que, le dimanche matin, se taper une heure de route dans chaque sens pour aller à Saint-Clément ! ».

Michel, 40 ans, est « nantais depuis toujours. Vu le contexte en ce moment, notre évêque est assez mal inspiré. J’ai entendu un salarié de l’évêché dire qu’on pouvait se passer des tradis, le diocèse est assez riche. Certes, mais ce qui fait tourner la boutique, ce sont les biens accumulés et l’enseignement catholique. Sauf qu’avec les révélations du rapport, là [le rapport de la CIASE] s’il faut indemniser les victimes, on va rapidement devenir pauvres. Il y a eu des tags la semaine dernière autour d’un bahut à Nantes et d’un couvent [le lycée Saint-Stanislas] avec des dates, des accusations précises, des évêques mis en cause – tout le monde l’a vu, les élèves, les parents en amenant leurs enfants le matin, la parole est en train de se libérer autour de ce qui est caché depuis des décennies. C’est le navire amiral des lycées catholiques du diocès, et surtout ce n’est pas le seul endroit où il y a eu des affaires. Non vraiment, ce n’est pas le bon moment, et puis s’attaquer à des fidèles à cause de la messe à laquelle ils sont attachés, quand bien même il y a un texte de Rome – que les évêques sont libres d’appliquer comme ils le veulent, d’ailleurs, c’est bas et c’est n’importe quoi ».

Cette fidèle de la Presqu’île, engagée dans une équipe pastorale, « ne comprend pas la future suppression de la messe d’été à Guérande. Nos églises sont plutôt pleines, ils ne gênent personne, ils ne dévalorisent pas la messe ou quoi ou qu’est-ce, puisque comme au Clion d’ailleurs ce sont les curés des paroisses qui s’en chargent. Ou alors dès qu’il s’agit de la messe en latin, il y a un portail dans l’espace temps et le curé devient lui aussi parallèle, comme tous les fidèles ? On a des fidèles à l’année qui vont là-bas l’été, ils trouvent ces messes magnifiques, ils nous on déjà prévenus que puisque leur propre évêque les vire de leurs églises, ils iront à Notre-Dame des Grèves [la chapelle de la FSSPX à Pornichet] qui a deux messes maintenant, trois l’été ».

Julien, qui habite avec sa femme et ses deux enfants l’est du département, dénué de toute offre de messe traditionnelle [si on exclut la messe de la FSSPX à Juigné des Moutiers, désormais deux dimanches par mois] « va habituellement à la messe de la paroisse, donc alternativement à Saint-Mars-la-Jaille et Riaillé, ça alterne par quinzaine, et parfois à Trans ou saint-Sulpice, qui est d’ailleurs une très belle église que la municipalité précédente a sauvé avec l’aide d’habitants volontaires, bref. Pour faire simple, on ne comprend pas l’attitude pastorale de Mgr Percerou. Ici, il n’y a pas de messe traditionnelle, il y a près d’une heure de route pour aller à Nantes quand ça roule, et des gens qui vont à la messe traditionnelle, au moins une semaine sur deux, ici il y en a.Logiquement, on devrait leur proposer quelque chose, mais d’après l’attitude de l’évêque, c’est impossible. Compte tenu du nombre de gens dans le département qui sont intéressés par la messe traditionnelle, il devrait y avoir au moins une messe par dimanche vers Ancenis, une vers Pontchâteau ou Blain, une vers Châteaubriant, deux dans le pays de Retz l’hiver, une dans le Vignoble, et une voire deux sur la côte, entre Herbignac et St Nazaire, et elles seraient toutes pleines, et ça ne bouleverserait pas plus que ça le fonctionnement des paroisses. Non seulement on ne le fait pas – ce n’est pas bien, mais en plus l’évêque fait comprendre aux fidèles des messes d’été et de St Clément de Nantes que ce sont des catholiques de seconde zone, c’est vraiment n’importe quoi ».

Laëtitia va à la messe « au sud de Nantes, et parfois sur la côte l’été, au Clion pour la messe en latin ou à Pornic beaucoup plus souvent. Ce qui se passe est incompréhensible et en tant que fidèle, je trouve cette croisade de Mgr Percerou contre les fidèles de la messe en latin anormale et contraire aux intérêts de l’Eglise. A Nantes, la population change et la religion catholique n’est plus la première pratiquée, au lieu de quoi l’évêque fait la chasse aux tradis et renonce à évangéliser les migrants qui sont pourtant accueillis dans des lieux diocésains. Des amis qui donnaient des médailles bénites aux migrants ont été écartés de tout contact avec eux, au motif qu’il ne faut pas de prosélytisme. Alors dans ce cas, les fidèles catholiques servent à quoi ? On a l’impression que tout est fait pour bloquer le rayonnement de l’Eglise, et la chasse aux tradis en fait partie. La suite c’est quoi ? Fermer les églises des villages comme dans d’autres diocèses ? Virer les communautés comme l’Emmanuel ? Virer les jeunes dans les équipes pastorales, puis les fidèles qui avouent aller à St Clément de temps à autres ? On est toujours le tradi de quelqu’un d’autre ».  

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