Notre lettre 735 bis publiée le 2 mars 2020

"ABUS D'AUTORITÉ" : MGR ATHANASIUS SCHNEIDER DÉNONCE L’OBLIGATION DE DONNER LA COMMUNION DANS LA MAIN EN TEMPS DE PANDEMIE


Mgr Athanasius Schneider a publié vendredi sur le site Rorate Caeli un texte – on pourrait parler d'une lettre pastorale – sur la réception de la sainte communion en temps de pandémie, dans le contexte de l'épidémie du Coronavirus. Il y dénonce l'interdiction faite dans certains diocèses de donner l'hostie sur la langue, en imposant le communion dans la main. Il qualifie cette interdiction d'« Abus d'autorité », et recommande au contraire, si la communion ne peut être reçue sur les lèvres, de faire une communion spirituelle au moyen d'une prière qu'il propose.
Nous oublions ci-dessous avec l'accord de Jeanne Smits sa traduction en français de ce document.




Personne ne peut nous contraindre à recevoir le Corps du Christ d'une manière qui comporte un risque de perte des fragments, et qui entraîne une diminution de la révérence, comme c'est le cas lorsqu'on reçoit la Communion dans la main. S'il est vrai que l'on pourrait recevoir la Communion sur un petit mouchoir blanc et propre (purificatoire ou petit corporal) directement dans la bouche, cette manière n'est pas toujours praticable et elle est même refusée par certains prêtres.


Dans ces situations, il est préférable de faire une Communion spirituelle, qui emplit l'âme de grâces particulières. Au cours des temps de persécution, de nombreux catholiques ne pouvaient recevoir la sainte communion de manière sacramentelle pendant de longues périodes, mais ils faisaient une communion spirituelle dont il obtenait de nombreux bénéfices spirituels.


La Communion dans la main n'est pas plus hygiénique que la Communion dans la bouche. En effet, elle peut être dangereuse sur le plan de la contagion. Du point de vue de l'hygiène, la main est porteuse d'une énorme quantité de bactéries. De nombreux agents pathogènes sont transmis par les mains. Que ce soit en serrant la main d'autres personnes ou en touchant fréquemment des objets, telles les poignées de porte ou les rampes et barres d'appui dans les transports en commun, les germes peuvent rapidement passer d'une main à une autre ; et les gens se portent alors souvent ces mains peu hygiéniques au nez et à la bouche. En outre, les germes peuvent parfois survivre pendant de plusieurs jours à la surface des objets touchés. Selon une étude de 2006, publiée dans la revue BMC Infectious Diseases, les virus de la grippe et les virus similaires peuvent persister pendant quelques jours à la surface d'objets inanimés, comme par exemple les poignées de porte ou les rampes et les poignées dans les transports et les bâtiments publics.


De nombreuses personnes qui viennent à l'église et reçoivent ensuite la sainte communion dans leurs mains ont d'abord touché les poignées de porte ou les rampes et les barres d'appui dans les transports en commun ou dans d'autres bâtiments. Ainsi, des virus s'impriment sur la paume et les doigts de leurs mains. Puis, pendant la Sainte Messe, ils se touchent parfois le nez ou la bouche avec ces mains et ces doigts. Avec ces mains et ces doigts, ils touchent l'hostie consacrée, transférant ainsi le virus également sur l'hostie, et ils transporteront ainsi les virus par l'hostie dans leur bouche.


La communion dans la bouche est certainement moins dangereuse et plus hygiénique que la communion dans la main. En effet, la paume et les doigts de la main, à défaut de lavage intense, contiennent indéniablement une accumulation de virus.


L'interdiction de la Communion dans la bouche n'est pas fondée par rapport aux grands risques sanitaires de la Communion dans la main en temps de pandémie. Une telle interdiction constitue un abus d'autorité. De plus, il semble que certaines autorités ecclésiastiques utilisent la situation d'une épidémie comme prétexte. Il semble également que certaines d'entre elles éprouvent une sorte de joie cynique à propager de plus en plus le processus de banalisation et de désacralisation du très saint et divin Corps du Christ dans le sacrement eucharistique, exposant le Corps du Seigneur lui-même aux dangers réels de l'irrévérence (perte de fragments) et des sacrilèges (vol d'hosties consacrées).


Il y a aussi le fait qu'au cours des 2000 ans d'histoire de l'Église, on ne connaît pas de cas avéré de contagion due à la réception de la Sainte Communion. Dans l'Église byzantine, le prêtre donne même la Communion aux fidèles avec une cuillère, la même cuillère pour tous. Et ensuite, le prêtre ou le diacre boit le vin et l'eau avec lesquels il a purifié la cuillère, qui parfois avait même été touchée par la langue d'un fidèle lors de la réception de la sainte communion. De nombreux fidèles des églises orientales sont scandalisés par le manque de foi qu'ils constatent chez des évêques et des prêtres de rite latin, lorsque ceux-ci mettent en place l'interdiction de recevoir la Communion par la bouche, interdiction faite finalement par manque de foi dans le caractère sacré et divin du Corps et du Sang du Christ Eucharistique.


Si l'Église de notre temps ne s'efforce pas à nouveau avec le plus grand zèle d'accroître la foi, la révérence et les mesures de sécurité à l'égard du Corps du Christ, toutes les mesures de sécurité pour les êtres humains seront vaines. Si l'Église de nos jours ne se convertit pas et ne se tourne pas vers le Christ, en donnant la primauté à Jésus, et notamment à Jésus Eucharistique, Dieu montrera la vérité de Sa Parole qui dit : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent ; Si le Seigneur ne garde pas la cité, en vain la sentinelle veille à ses portes » (Psaume 126, 1-2).


Pour faire une Communion Spirituelle, il est recommandé de dire la prière suivante :


« A vos pieds, ô mon Jésus, je me prosterne, et je Vous offre le repentir de mon cœur contrit, qui s'abaisse dans son néant et en Votre Sainte Présence. Je Vous adore dans le Sacrement de Votre Amour, l’ineffable Eucharistie. 

« Je désire Vous recevoir dans la pauvre demeure que Vous offre mon âme.

« En attendant le bonheur de la Communion sacramentelle, je veux Vous posséder en esprit. 

Venez chez moi, ô mon Jésus, puisque moi je viens chez Vous ! 

« Que Votre Amour embrase tout mon être pour la vie et pour la mort. Je crois en Vous, j'espère en Vous, je Vous aime. 


« Ainsi soit-il. »


+ Athanasius Schneider

Évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Sainte-Marie à Astana


Nous invitons à poursuivre votre information sur ce dossier en consultant le blog de Jeanne Smits qui publIe de nombreux commentaires et documents à ce sujet © leblogdejeannesmits 

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