Notre lettre 594 publiée le 15 mai 2017

JOIE PASCALE À ANGOULÊME : LA PAIX LITURGIQUE EN MARCHE

Enfin ! Grâce à Mgr Hervé Gosselin, nommé évêque d’Angoulême en novembre 2015 et consacré en janvier 2016, la forme extraordinaire du rite romain a pu être offerte aux fidèles le dimanche de Pâques dans la capitale charentaise. Sous le pontificat de Mgr Dagens, l’application du motu proprio avait en effet été tout d’abord concédée avec des pincettes avant d’être tout simplement étouffée. La retraite canonique de Mgr Dagens et l’arrivée de Mgr Gosselin sur le siège épiscopal ont permis la reprise, pour l’heure sur une base mensuelle, de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain dans le diocèse. Non plus dans une chapelle isolée mais dans le sanctuaire marial d’Obezine, en plein centre-ville.

Le dimanche de Pâques, une centaine de fidèles ont pu y célébrer le sommet de l’année catholique : la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ.





I – DES FIDÈLES RECONNAISSANTS ENVERS MGR GOSSELIN

Hervé, paroissien d’Angoulême
Je suis un paroissien ordinaire, habitué de la liturgie de Paul VI et n’ayant connu pratiquement qu’elle depuis 50 ans. Il m’est arrivé très occasionnellement d’assister à la liturgie tridentine et j'ai découvert une magnifique liturgie qui ouvre largement sur le sacré de la liturgie du mystère divin. Aussi est-ce avec joie que j’ai accueilli l’annonce d’une messe à Angoulême selon la forme extraordinaire promue par le pape Benoît XVI.
L’arrivée de Mgr Gosselin a donné à notre diocèse une bouffée d’espérance dont nous nous réjouissons, mais le tissu ecclésial reste bien fragile et les autres prêtres du doyenné d’Angoulême ne sont pas très intéressés par la célébration de cette liturgie. Il faudrait que toutes les paroisses d’Angoulême la relaient davantage, d’autant qu’elle est célébrée dans un sanctuaire marial largement sous-utilisé. Il est souhaitable à mon avis que ce sanctuaire et la messe qui y est célébrée soient davantage intégrées dans le doyenné.

Benoît, père de famille
Cela fait longtemps que le diocèse attendait de pouvoir célébrer, en pleine communion avec les Églises romaine et locale, la Messe dans la forme extraordinaire du rite romain. Je tiens tout spécialement à remercier Mgr Gosselin, d’avoir permis ce geste de miséricorde qui fait ronfler comme un orgue les différentes liturgies qui existent dans l’Église universelle.
Cette ouverture liturgique qui nous permet d’avoir une fois par mois la Messe tridentine nous fait découvrir une autre approche, très riche, du mystère extraordinaire du sacrifice eucharistique, cœur de notre communion et de notre vie chrétienne.

Jérémy, 30 ans, qui s’occupe de l’embellissement du sanctuaire (ménage et fleurs)
La participation active de nombreuses familles et de jeunes à la Sainte Messe du dimanche de Pâques est réjouissante, et démontre que de nombreuses personnes sont attachées à cette liturgie. Des personnes qui ont été oubliées de nombreuses années par Mgr Dagens et ses collaborateurs...
Mon souhait est bien sûr que la Sainte Messe soit célébrée tous les dimanches car sans cela il n'est pas possible de créer une vrai communauté : notre Foi a besoin d’être nourrie chaque jour, et au moins chaque dimanche, par le renouvellement du Saint Sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ. J’ajoute bien sûr un grand merci à Monsieur l’abbé Texier sans qui la célébration de la Sainte Messe ne serait pas possible !

Marie, mère de famille nombreuse
C'est une grande joie de pouvoir enfin assister à la messe « en pleine communion avec notre évêque », cependant la vraie charité et la vraie réconciliation exigent que cette messe soit célébrée tous les dimanches… Pourquoi ne pas la proposer à tour de rôle dans chacune des églises de la ville ? Ce serait un bel exemple d'unité diocésaine.

Arthur, étudiant à Bordeaux
Originaire d’Angoulême, j’y retourne régulièrement, mes parents y habitant toujours. J’ai découvert la forme extraordinaire il y a deux ans à Bordeaux et l’affectionne particulièrement depuis. Je n'ai pas encore pu assister à une des messes de l'abbé Texier mais suis très reconnaissant à notre évêque de nous avoir ouvert la porte de la tradition. C’est un petit mais aussi un grand pas vers la réconciliation. Il faut en finir au plus vite avec la guerre liturgique, la seule chose qui importe est de célébrer dignement – et en conformité avec le magistère de l’Église – le Saint Sacrifice de Jésus.

Jean-Baptiste, jeune baptisé
Père de famille, tout nouvellement baptisé ainsi que mon épouse et mes deux filles lors de la veillée pascale, j’ai été personnellement touché par la messe de saint Pie V.
Je ne cherche pas à opposer les deux formes, mais la forme extraordinaire de la messe me touche tout particulièrement. C’est grâce à elle que j’ai pris conscience du Saint Sacrifice de Notre Seigneur. Le recueillement, les temps de prières et de silence ont été des moments déclencheurs à suivre les pas de Notre Seigneur et à m’engager pleinement dans l’Église Catholique.
Je tiens à remercier sincèrement notre évêque, Mgr Gosselin, de permettre cette célébration : son ouverture d’esprit et son écoute bienveillante font de lui un homme soucieux de son prochain. Je tiens également à remercier le Père Texier sans qui la Sainte Messe ne pourrait se célébrer : son investissement à toute épreuve et sa rigueur sont un modèle pour moi.


II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Depuis janvier 2017, le sanctuaire Notre-Dame d’Obezine ouvre ses portes un dimanche par mois à la célébration de la messe traditionnelle. Un prêtre du diocèse, l’abbé Jean-Baptiste Texier, y a été invité par Mgr Gosselin à reprendre l’application, pour l’instant sur base mensuelle, du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Quand il était curé de Saint-Yrieix, en périphérie d’Angoulême, l’abbé Texier avait entrepris de célébrer la forme extraordinaire avant d’être écarté par Mgr Dagens qui refusait de voir la liturgie traditionnelle se développer dans le diocèse. Nous avons rendu compte à plusieurs reprises de la difficile situation locale, notamment dans notre lettre 286.

2) À Angoulême, on revient de loin en matière de liturgie traditionnelle ! Mgr Dagens – auteur d’un célèbre rapport qui, relu 20 ans plus tard a tout d'un dernier inventaire avant dépôt de bilan (lire ici) –, faisait grise mine lors de la publication du motu proprio de Benoît XVI. Il croyait repérer chez les demandeurs de messe tridentine des éléments inquiétants : « Je me demande si d’autres stratégies ne sont pas à l’œuvre, qui, elles, feraient valoir d’abord des rapports de forces, conscients ou inconscients, qui peuvent être d’ordre politique ou d’ordre culturel. Je ne pourrais pas accepter que l’on se serve du nom de Dieu, de l’Église et de la liturgie de l’Église pour servir d’autres causes qui seraient finalement étrangères à la vérité de Dieu, de l’Église et de sa liturgie ». Il ajoutait même, pour clore le débat avant de l’avoir ouvert : « Je crains que certains discours, sous prétexte d’exalter l’unité de l’Église, ne fassent peu de cas de son caractère sacramentel ». D'où son acharnement à confiner, dans un premier temps, la célébration dans un ghetto avant, dans un second temps, de l'interdire implacablement.

3) « Je veux être l’évêque de tous. Il est important de reconnaître la diversité de l’Église. » Ces paroles de Mgr Gosselin, rapportées par la presse locale (lire ici), expliquent bien ce qui fonde sa décision de revenir sur l’hostilité manifestée auparavant par son prédécesseur. Certes, dans le même entretien il semble affirmer que cette célébration a vocation à demeurer « épisodique » et qu’il n’y en aura pas d’autres mais cette volonté d’être le pasteur de tous, y compris des plus traditionnels de ses fidèles, est à saluer car elle est, comme le dit Arthur dans le témoignage qu'il nous a communiqué, à la fois « un petit et un grand pas vers la réconciliation » que nous ne saurions qu’encourager. Issu des Foyers de Charité, Mgr Gosselin manifeste en outre un fort attachement à la prière comme à la mission, comme en témoigne sa première lettre pastorale adressée à son diocèse, ce qui devrait lui permettre d'apprécier la communauté de ND d'Obezine à travers ses fruits et non à l'aune d'un quelconque préjugé idéologique.

4) Depuis janvier, l’assistance aux messes selon le missel de saint Jean XXIII à ND d’Obezine varie de 55 à 70 personnes. Pour la messe du jour de Pâques, il y avait même une centaine de fidèles. Peu à peu, l’information circule – elle figure d’ailleurs sur le site du diocèse – et la nouvelle communauté Summorum Pontificum d’Angoulême se structure. Surtout, comme partout dans le monde, la forme extraordinaire attire les jeunes, comme le reflète les témoignages que nous avons recueillis. Prions pour que cette communauté bénéficie bientôt de la pleine application du motu proprio afin de pouvoir croître dans la paix et la communion avec l'ensemble du doyenné. Il deviendra alors naturel de tourner nos regards vers l'Église d'Angoulême en nous exclamant : « Voyez comme ils s'aiment ! »

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