Notre lettre 691 publiée le 16 avril 2019

GRANDE ENQUÊTE DE PAIX LITURGIE SUR LE CATHOLICISME EN CORÉE

La Corée est un pays fraîchement catholique. L’Evangile n’y fut véritablement annoncé qu’au début du 19ème siècle par des prêtres des Missions Etrangères de Paris, majoritairement français. Il nous a semblé intéressant d’y étudier en ce début du XXIème siècle les conditions et les demandes des catholiques de ce pays d’Asie bien éloigné de l’Europe pour voir si ils avaient des aspirations liturgiques et pastorales semblables ou différentes de celles que nous trouvons en France ou dans nos pays d’Europe.


Pour approfondir ce dossier nous allons consacrer trois de nos prochaines lettres à ce sujet.

La première que nous vous adressons aujourd’hui vous présentera les grandes lignes de l’histoire de la christianisation de la Corée et les réflexions que notre envoyé spécial João Silveira a pu recueillir sur place auprès de prêtres et de fidèles coréens.

Notre seconde lettre se fera l’écho des souhaits liturgiques et pastoraux des fidèles et des prêtres coréens que nous avons rencontrés.

Notre troisième lettre publiera les résultats du sondage que nous avons fait réaliser cet hiver en Corée auprès des catholiques de ce pays pour mesurer leur connaissance du motu proprio Summorum Pontificum, leurs attitudes face à cette décision et leurs préférences en matière liturgique.

Comme nous le formulons chaque fois, vos avis et compléments d’information sont toujours le bienvenus.


En Corée,
un catholicisme encore très vivant


Paix Liturgique – João Silveira vous revenez d’un périple missionnaire en Corée, pouvez-vous nous donner quelques informations sur le catholicisme en Corée ?

João – Parlons tout d’abord de chiffres, ce qui nous donnera une idée de la réalité de la communauté catholique du pays. Selon les dernières statistiques fournies par la Conférence des Evêques de Corée, en 2017, il y avait à cette date 5.813.770 catholiques en Corée du Sud pour une population de 51,5 millions d’habitants soit un peu plus de 11 % de la population de la Corée du Sud. Ce peuple chrétien est reparti dans 16 diocèses (plus un diocèse, aujourd’hui vacant, pour la Corée du Nord), divisés en 1734 paroisses, où 5360 prêtres exercent leur ministère. Vu d’Occident, il s’agit d’une Eglise extrêmement florissante. Ainsi, le catholicisme français, qui compte environ 40.000.000 de catholiques, est réparti sur une centaine de diocèses, divisés en 13.000 paroisses, avec moins de 15.000 prêtres, dont pratiquement 10.000 ont plus de 75 ans. Autrement dit, le même nombre de prêtres qu’en Corée (un peu plus de 5000 en activité) dessert en France huit fois plus de paroisses qu’en Corée. Comparativement, il y a 8 fois moins de prêtres en France : un prêtre pour 8000 catholiques environ, au lieu un prêtre pour 1000 catholiques environ en Corée. Et ne comparons pas les âges moyens !


Paix Liturgique – Il s’agit donc d’une Eglise très vivante.

João – Oui, encore très vivante, mais qui est elle aussi, avec un temps de retard, touchée aujourd’hui par la crise postconciliaire. Depuis la guerre, le catholicisme était en pleine expansion en Corée : nombreuses conversions, beaucoup d'ordinations sacerdotales diocésaines et religieuses, taux de pratique dominicale de plus de 60%, etc… Mais la tendance se ralentit au fur et à mesure des années, à l’occidentale. Il y a moins de vocations religieuses et sacerdotales, on compte des défections après les ordinations et le taux de pratique dominicale est tombé à 30%, avec une diminution préoccupante du nombre d’adolescents à la messe dominicale, et une diminution du nombre des catéchumènes. Malgré cela, l’Eglise a encore beaucoup plus de vigueur qu’en Europe et surtout qu’en France.


Paix Liturgique – Et pourtant, l’Evangile n’a été proclamé que très récemment en Corée.

João – l’Église catholique coréenne à un souvenir très vif des temps encore proches – moins de 150 ans – où elle a été persécutée. C’est là que se trouvent les racines de son développement contemporain... et c’est ce qui explique très certainement la foi fervente des catholiques coréens. Dans les églises de Séoul, vous trouvez partout des personnes priant en silence, ou qui suivent le chemin de Croix devant chacune des stations représentées sur le mur de l'église. Sous la cathédrale de Séoul, il y a une crypte ou se retrouvent beaucoup de fidèles en prières dans le plus profond silence devant les reliques d'innombrables martyrs. Il est relativement normal de voir des dames porter à la messe un voile, toujours blanc.


Paix Liturgique –Avez-vous trouvé des éléments caractéristiques dans l’Eglise de Corée ?

João – La tradition coréenne est pétrie de confucianisme depuis le XVIème siècle, une philosophie qui accorde une importance majeure au respect extrêmement hiérarchisé de l’ordre social et aux anciens, où chacun a une place qu’il doit veiller à conserver et respecter : « le Seigneur doit être un seigneur, le sujet doit être sujet, le père doit être le père, le fils doit être le fils ». L’Église catholique intègre largement ces traditions sociales que l’on retrouve par exemple dans l’immense respect des fidèles laïcs envers les membres du clergé et plus particulièrement envers leurs évêques.




Paix Liturgique – Un respect plus important qu’en Europe ?

João – Pour les coréens la hiérarchie religieuse, comme le sont d’ailleurs les autres hiérarchies politiques ou économiques, est naturelle et doit être respectée. Il est par exemple très difficile pour un laïc de se rendre chez son évêque. Les évêques, comme les anciens, ont une position d'autorité qui les rend en quelque sorte inaccessibles aux personnes comme les simples fidèles. La seconde caractéristique du catholicisme coréen est un attachement, qu’on aurait tendance à qualifier de presque maniaque, à une unité de forme.


Paix Liturgique – Pour quelle raison ?

João – Il y a plusieurs causes à cela, la première est liée encore au confucianisme qui interdit tout mouvement centrifuge. Il y a aussi l’histoire récente : la Corée a connu dans les années 50 une guerre et une partition de son territoire qui fait que l’on fuit tout ce qui divise. Il faut enfin mentionner la grande importance numérique des églises protestantes et des sectes chrétiennes qui ont entrainé les pasteurs à écarter tout ce qui pourrait apparaitre comme germe de division, voire de débordement – rappelons-nous que la secte Moon était coréenne – même si parfois cette unité implique une sorte de totalitarisme étranger à la culture catholique traditionnelle qui a vécu en Corée pendant longtemps.




Paix Liturgique – C’est à dire ? 

João – Je veux dire qu’il y a un conformisme régulateur. Par exemple, de nombreuses pratiques catholiques comme la communion sur les lèvres ou l’agenouillement sont assez mal vues en Corée. On critiquera, par exemple, le caractère « occidental » de la pratique comme l’agenouillement – bien que cela n’ait pas posé de problème au catholicisme coréen de ses origines au milieu des années 60. Inversement, l’autre interdiction, celle de la communion sur les lèvres, est sans doute au contraire liée à l’adoption par les pasteurs coréens de pratiques modernes occidentales qui dans le contexte coréen n’ont pas facilement pu être contestées...


Paix liturgique – Car les coréens ne contestent pas ?

João – Comme je l’ai évoqué précédemment il n’est pas dans la culture coréenne de s’opposer à la hiérarchie et aux anciens donc pratiquement impossible de ne pas obéir sans discuter, même si cela n’empêche pas les Coréens de conserver leurs opinions. Mais ils n’ont pas l’habitude de les proclamer tout haut…


Le christianisme en Corée

Un article de Jean-Pierre Duteil


C’est un lieu commun, dans l’histoire de l’Extrême-Orient, que de présenter la Corée comme un pont qui aurait mis en relation les civilisations et les courants d’idée de la Chine et du Japon. Toujours est-il que ce rôle d’intermédiaire n’a que tardivement fonctionné en ce qui concerne la transmission du christianisme, la Corée n’ayant découvert cette religion qu’à l’extrême fin du XVIIIe siècle alors qu’elle avait touché le Japon au milieu du XVIe et la Chine à la fin de ce même siècle. La Corée présente l’originalité d’avoir conservé la même dynastie, celle des Yi, durant plus de cinq siècles, de 1392 à 1910. Vassale de la Chine, la Corée ou royaume de Choson (Joseon) s’aligne rigoureusement sur le confucianisme des Ming, eux-mêmes sur le trône du Dragon en 1368. Le bouddhisme est suspect, les bonzes considérés comme des parasites. Le peuple coréen ne peut pas quitter le pays, à l’exception de quelques cas particuliers comme celui des « ambassades » qui portent le tribut à Pékin. C’est lors de ces voyages que certains Coréens ont pu rencontrer des jésuites travaillant à la cour. La visite des églises catholiques de Pékin et d’alentours faisait partie des spectacles à ne pas manquer. Toutefois, la Corée devient de plus en plus isolationniste après plusieurs séries d’événements : les invasions japonaises dues à Toyotomi Hideyoshi, en 1592 et 1597 ; le remplacement des Ming par les Mandchous (Qing) après 1644 ; les pressions occidentales sur la Chine et le Japon à la fin du XVIIIe siècle. En 1785, le christianisme est proscrit alors que la Corée ne compte pratiquement aucun chrétien. Très isolée par rapport au reste du monde, la Corée est connue au XIXe siècle comme le « royaume ermite ».


Les débuts de la nouvelle religion

Les débuts du christianisme en Corée sont dus aux recherches de Hong Yu-han. Ce jeune lettré avait fait des recherches sur les livres occidentaux venus de Chine depuis l’époque des premiers jésuites, au début du XVIIe siècle. Le but était de faire des comparaisons avec le néo-confucianisme promu par les Yi, l’école Si-hak ou « étude pragmatique », forme de positivisme destinée à promouvoir le bien-être du peuple.  Séduit par la cohérence de la doctrine chrétienne, il commence à pratiquer le christianisme en se fondant uniquement sur ce qu’il a pu comprendre de ces ouvrages alors vieux de deux siècles. Puis certains de ses amis décident de se convertir, comme Yi Piek et Yi Seung Hoon. Ce dernier part collecter davantage d’informations en prenant place dans l’ambassade que la Corée envoie tous les ans en direction de Pékin : acte formel de vassalité, qui se traduit par un échange de cadeaux et la réception du calendrier-horoscope mis au point par l’Office astronomique.

Arrivé dans la capitale chinoise, Yi Seung Hoon réussit à entrer en contact avec les jésuites, et en particulier le Père Grammont, à qui il demande le baptême. Les jésuites eux-mêmes ne connaissaient pas la langue et l’écriture coréennes ; la communication a lieu par écrit, au moyen des caractères chinois. Le Père Grammont enseigne à Lee un catéchisme sommaire, sanctionné par un examen. En janvier 1784 le missionnaire confère le baptême au jeune Coréen dans l’église du Beitang, après avoir obtenu l’accord de son père, lui aussi membre de l’ambassade ; à cette occasion le jeune homme reçoit un prénom chrétien, celui de Pierre, en référence au rôle de fondateur de l’Église dont le Christ avait chargé l’apôtre. Muni de bon nombre de textes religieux, Pierre Yi rentre en Corée.

Jacques Ju Munmo, prêtre chinois, est appelé par les chrétiens coréens et réussit à pénétrer en Corée en 1795. Il rencontre à Séoul une communauté déjà importante. Les premiers fidèles ont essayé de procéder à des élections pour se doter de prêtres, c’est la période dite de la « pseudo-hiérarchie ». Mais l’échec de leurs tentatives les a amenés à s’adresser à l’évêque de Pékin. Jacques Ju vit caché, craignant l’hostilité du Pouvoir, et réussit toutefois à développer la communauté qui serait alors passée de 4000 à 12000 membres. En 1801, après la découverte d’une lettre adressée par le converti Hwang Sa-yeung à l’évêque de Pékin, la première persécution du christianisme est déclenchée. Ayant appris que des chrétiens ont été arrêtés et torturés afin qu’ils dénoncent leurs coreligionnaires, Jacques Ju décide de se rendre lui-même aux autorités. Il est torturé à sont tour et meurt après six ans et quatre mois d’apostolat.




La mise en place du christianisme au cours du XIXe siècle

Les chrétiens de Corée décident alors de s’adresser directement à Rome, et envoient une lettre au Pape afin d’obtenir de nouveaux prêtres. Ce premier courrier est saisi par les autorités, ce qui entraîne l’exécution de son auteur ; la seconde lettre atteint Rome alors que Pie VII se trouve détenu à Fontainebleau sur ordre de Bonaparte ; il faut attendre 1820 pour qu’une troisième supplique soit reçue et acceptée par Léon XII, puis 1831 pour que la Corée soit érigée en vicariat apostolique, confié aux Missions Étrangères de Paris (MEP).

Depuis de longues années déjà, des missionnaires européens avaient réussi à pénétrer en Corée. Pierre Maubant, des MEP, est le premier, et ce depuis 1811 ; il est suivi par ses confrères Jacques Chastan et Laurent Imbert. Mais en 1839 tous trois sont mis à mort lors d’une flambée de violences antichrétiennes. Comme au Tonkin ou en Chine, les communautés sont victimes d’un banal incident ou, le plus souvent, du zèle d’un mandarin particulièrement hostile à l’Occident. Le contexte général, et en particulier les guerres de l’opium, pèsent de tout leur poids. Ayant prévu sa fin prématurée, le Père Maubant avait envoyé huit jeunes gens en Chine, afin d’y devenir séminaristes ; deux de ces jeunes Coréens y sont ordonnés diacres par Mgr Jean Ferréol, qui demande à l’un des deux, André Kim, de rentrer clandestinement en Corée. Il y parvient, et revient même en Chine par la voie maritime. C’est à Shanghai qu’il est ordonné prêtre, le 17 août 1845. Par bateau, il regagne son pays accompagné de Mgr Ferréol et du Père Antoine Daveluy. Mais il est arrêté l’année suivante, torturé et exécuté à 26 ans. Il a été canonisé en 1984.




Le christianisme continue à faire des progrès, de manière clandestine et donc difficiles à mesurer, mais pourtant réels, dans ce pays partagé comme la Chine entre taoïsme, confucianisme et bouddhisme. Les difficultés véritables viennent des tensions qui opposent les puissances européennes aux divers pays d’Asie lors de la signature des « traités inégaux » : les chrétiens, fidèles d’une religion venue de l’ouest, sont perçus comme des agents de l’étranger. En 1866 se déchaîne la plus violente persécution de tout le XIXe siècle. Les chrétiens sont traqués et massacrés de manière systématique : il y aurait eu 10 000 victimes. Neuf prêtres des MEP sont décapités, sur les douze alors présents en Corée. Un sanctuaire des martyrs coréens, le « Mont des décapitations », a été inauguré en 1967 à Séoul (quartier de Mopo Ju) pour commémorer cette dernière grande vague d’exécutions. Les trois prêtres survivants réussissent à gagner la Chine et, de là, à alerter l’opinion. La pression internationale, et celle de la France en particulier, réussit à calmer ce mouvement antichrétien. Un corps expéditionnaire français débarque à Ganghwa, pille la ville et s’empare d’archives royales qui ne seront restituées qu’en 2011.

Ensuite s’installe peu à peu une période d’apaisement. Au cours des années 1870, les missionnaires semblent pouvoir travailler normalement. Mais ce calme est trompeur : l’année 1877 voit l’arrestation du vicaire apostolique de Corée, Mgr Ridel. Toutefois les autorités semblent désormais plus clémentes : le Père Ridel sort de prison quatre mois plus tard et se voit simplement signifier son expulsion. En 1886 est signé un traité franco-coréen, qui comporte une clause concernant la liberté religieuse. Toutefois les fonctionnaires en exercice dans les provinces n’ont pas été informés de ces nouvelles dispositions. Malgré la mauvaise volonté officielle, on estime à 20 000 le nombre de chrétiens alors présents dans les diverses régions de ce pays, pour l’essentiel autour de Séoul et au sud. Une douzaine de missionnaires des MEP participe à l’évangélisation mais il n’y a aucun prêtre coréen. Les missionnaires français disposent depuis 1886 d’une imprimerie, et l’année 1887 voit commencer la construction de la cathédrale de Séoul. En 1888 arrivent, à la demande des Missions-Étrangères, les religieuses de Saint-Paul de Chartres, ce qui provoque presque un scandale dans ce pays resté fidèle à une morale confucianiste où la place de la femme était près du foyer.


Les enjeux du XXe siècle

Un nouvel élément est apparu à la fin du XIXe siècle, le protestantisme introduit par un pasteur américain. À la différence des catholiques, les chrétiens réformés ne s’opposent pas aux coutumes confucianistes et en particulier au culte des ancêtres ; ils ont même mis au point un rite particulier pour célébrer les défunts, le Chiudo Yepae. Cela leur vaut une certaine bienveillance de la part des autorités. Surtout, le pasteur écossais John Ross a traduit la Bible en coréen à la fin du XIXe siècle.

Ensuite, sous l’occupation japonaise, Rome considère le shintoïsme imposé à la Corée dans les années 1930 comme un ensemble de cérémonies purement civiles. Les pasteurs protestants perçoivent davantage l’aspect religieux de ces pratiques, qu’ils interdisent à leurs ouailles. Le peuple coréen apprécie l’attitude de résistance à l’impérialisme japonais, qui profite au christianisme en général. En 1919, la moitié des signataires de la déclaration d’indépendance de la Corée est composée de chrétiens. En tout cas le protestantisme se développe, en dépit des difficultés qu’il rencontre alors, et se structure dans les différentes provinces de Corée où des pasteurs autochtones remplacent peu à peu les missionnaires anglais ou américains.

Après la Seconde guerre mondiale, le gouvernement militaire américain favorise le protestantisme entre 1945 et 1948. L’occupation soviétique de la Corée du Nord pousse à l’exil de nombreux chrétiens ; selon certaines estimations, deux tiers des chrétiens vivaient dans la partie nord du pays avant 1945. Le premier Président de la République de Corée, Syngman Rhee, qui reste au pouvoir de 1948 à 1960, est lui-même protestant. Durant cette période, les diverses Églises protestantes s’emploient à séduire la population qui a subi l’occupation japonaise puis la guerre en s’appuyant sur une « théologie de la prospérité » qui valorise le travail et l’acquisition des richesses, alors que la Corée commence à devenir une grande puissance industrielle. Le catholicisme tente de répondre en recentrant son intérêt sur les préoccupations sociales. Un premier cardinal coréen, Mgr Stephen Kim Sou-hwan], est nommé après Vatican II. Mais la Corée du Sud se trouve désormais aux mains du régime militaire de Park Chung hee, de 1962 à 1979, et l’Église catholique choisit l’engagement en faveur de la démocratie tandis que le gouvernement, influencé par les États-Unis, préfère rester favorable aux protestants par anticommunisme. Mais c’est le catholicisme qui paraît désormais plus progressiste aux yeux de l’opinion.

Au cours des années 1990, dans le cadre d’une Corée du Sud désormais démocratique, l’Église catholique connaît un fort développement alors que les protestants souffrent d’être restés trop fidèles au modèle américain. Comme aux États-Unis, ils ont construit des megachurches et ont vu éclater des scandales financiers. Le nombre de chrétiens dépasse celui des bouddhistes au cours des décennies 1980-1990, et ces progrès étonnants qui émeuvent l’opinion asiatique sont confirmés par des présidences chrétiennes, celles du catholique Kim Dae Jung (1998-2003) et du presbytérien Yi Myung-bak (2008-2013).

Le début du XXIe siècle voit le christianisme devenir la première religion de la Corée du Sud, pays d’Extrême-Orient traditionnellement partagé, sur le modèle chinois, entre courants taoïstes, confucianistes et bouddhistes. Il est vrai que seul un Coréen sur deux (53%) déclare aujourd’hui avoir une religion. Mais au sein de cette moitié de la population coréenne du Sud, les chrétiens l’emportent désormais sur les bouddhistes (55 contre 43%) ce qui constitue un cas de figure unique dans cette partie du monde.

Jean-Pierre Duteil

Professeur à l'université de Paris VIII

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