Notre lettre 477 publiée le 17 février 2015

LES BASILIQUES ROMAINES OUVERTES AUX DOMINICAINES DE FANJEAUX

La semaine dernière, les portes des basiliques romaines se sont ouvertes pour près d’un millier d’élèves d’écoles liées à la Fraternité Saint-Pie-X. Les dominicaines enseignantes de Fanjeaux fêtaient en effet leurs 40 ans d’existence ad Petri Sedem. Un très beau pèlerinage qui nourrit nos réflexions de la semaine.

Les 200 dominicaines de Fanjeaux et leurs élèves venues d'Allemagne, de France et des États-Unis, ont suscité une grande curiosité tout au long de leur grand pèlerinage romain.


I – LE COMMUNIQUÉ DE DICI (1)

Les 40 ans des dominicaines du saint Nom de Jésus de Fanjeaux à Rome
(source

La congrégation des Dominicaines du Saint-Nom-de-Jésus de Fanjeaux organise du 9 au 14 février un pèlerinage d’action de grâces, à Rome, à l’occasion des quarante ans de sa fondation à Fanjeaux (France).

La congrégation a pour but l’éducation des jeunes filles en leur procurant un enseignement chrétien de qualité. La congrégation est composée de 200 religieuses qui œuvrent aujourd’hui dans 8 écoles secondaires et 6 écoles primaires en France, en Allemagne et aux États-Unis. Dans ce pèlerinage, les religieuses sont accompagnées de leurs élèves au nombre de 950, et d’une centaine de professeurs et de parents.

C’est grâce à son attachement à la Messe tridentine et à la Tradition de l’Église que la congrégation a connu un tel développement tout au cours de ces quatre décennies. Aussi souhaite-t-elle rendre grâce, dans la Ville éternelle, à la divine Providence pour tous ses bienfaits.

La congrégation remercie les autorités romaines de lui permettre l’entrée dans les basiliques, mais elle regrette que, malgré des demandes réitérées auprès de la Commission pontificale Ecclesia Dei, aucune église de Rome n’ait pu être mise à la disposition des pèlerins pour la célébration de la messe. Religieuses et enfants, toutes prient pour que l’Église retrouve, avec sa Tradition bimillénaire, son rayonnement missionnaire à travers le monde.

Rome, le 11 février 2015
En la fête des apparitions de Notre-Dame à Lourdes



II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Préparé depuis de longs mois, dans une grande discrétion, ce pèlerinage a permis aux dominicaines et à leurs élèves de visiter les quatre basiliques majeures romaines mais aussi de faire le parcours des sept églises, popularisé au XVI e siècle par saint Philippe Néri, « le troisième apôtre de Rome ». Sous le pontificat du pape François, les communautés liées à la Fraternité Saint-Pie-X ont donc le droit de pérégriner en paix à Rome. Cette « pax romana et franciscana » ne surprendra pas nos lecteurs mais mérite d’être soulignée pour tous ceux qui, d’un côté comme de l’autre, continuent à vouloir alimenter la guerre entre Rome et Écône.

2) Comme à chaque fois qu’un pèlerinage traditionnel se déroule ad Petri Sedem, touristes, médias et ecclésiastiques ouvrent de grands yeux, souvent émerveillés. C’était le cas cette fois-ci et la curiosité était renforcée par la tenue impeccable du millier d’élèves encadrée par les dominicaines de Fanjeaux. Tous les observateurs romains le reconnaissent, l’une des plus grandes forces de la FSSPX réside dans le réseau d’écoles hors contrat authentiquement catholiques patiemment constitué au fil des ans tandis que l’enseignement catholique se désagrégeait dans les diocèses (en France, la FSSPX compte 3 000 enfants scolarisés dans une cinquantaine établissements). Jeudi 12, alors que les pèlerins se rassemblaient place Saint-Pierre pour y entrer en procession, de nombreux cardinaux qui traversaient la place pour se rendre au consistoire qui s’ouvrait au même instant, n’ont pas manqué de regarder, qui admiratif, qui interloqué, ces jeunes catholiques et leurs religieuses enseignantes priant et chantant à l’unisson en latin, rappelant par leur exemple fervent qu’il s’agit toujours de la langue universelle de l’Église.

3) Dans de nombreux diocèses, en France mais mais aussi dans le monde, la FSSPX continue d’être pestiférée alors que les lieux de culte sont volontiers ouverts à d’autres confessions chrétiennes pour des rencontres œcuméniques ou même prêtées pour des cérémonies religieuses protestantes ou orthodoxes, sans compter les mises à disposition d'églises pour des manifestations profanes pas toujours très catholiques... Il serait bon que tous ceux de nos pasteurs pour lesquels le dialogue et l’accueil sont réservés aux non-catholiques méditent un peu ce qui se passe à Rome. Sous un pontificat perçu par certains comme « révolutionnaire », les ponts entre Rome et Écône ne sont pas rompus mais, au contraire, se renforcent sous certains aspects. Aux infructueuses discussions doctrinales du pontificat précédent font suite des relations plus conviviales. Au point que certains assurent que la balle est désormais dans le camp de Mgr Fellay pour régulariser sa situation canonique. Ainsi le cardinal Brandmüller effectue-t-il des « visites d’évaluation » comme vient de le commenter le district canadien de la FSSPX, épaulé par d'autres prélats, dont Mgr Schneider et Mgr Huonder. Comme toujours, pourquoi ce qui est normal et naturel à Rome – lieu de pouvoir pourtant complexe par nature – est-il si compliqué à mettre en place dans nos diocèses et nos paroisses ?

4) Nous pouvons même préciser que, sollicité par les organisateurs du pèlerinage, Mgr Pozzo, le Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, avait fait savoir qu’il était disposé à mettre à disposition des organisateurs du pèlerinage quatre célébrants, un par basilique majeure visitée – quatre célébrants (faut-il le préciser ?) habitués à la liturgie traditionnelle et bienveillants envers la FSSPX (2). Le cardinal Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre avait même confirmé la disponibilité de la basilique pour une telle célébration. Finalement, les organisateurs du pèlerinage n’ont pas souhaité donner suite à l’offre de Mgr Pozzo. Les portes des basiliques sont toutefois demeurées ouvertes aux dominicaines de Fanjeaux et à leurs élèves comme en témoignent les nombreuses photos diffusées pour l’occasion.


(1) DICI est l’agence de presse de la Fraternité saint Pie X.

(2) Le statut canonique des prêtres de la FSSPX n'étant pas encore régularisé, il n'était pas possible de leur permettre de célébrer des messes publiques à Rome même si dans beaucoup d'églises romaines, à commencer par la basilique Saint-Pierre, les messes privées des prêtres de la FSSPX ne posent aucun problème.

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